En Inde, des survivantes d’attaques à l’acide participent à un défilé de haute-couture

En Inde, la pratique du vitriolage (le jet d’acide sulfurique sur le visage) représente encore aujourd’hui un problème persistant. L’association Acid Survivors Trust International estime qu’il y aurait, chaque année, entre 500 et 1000 attaques à l’acide en Inde — bien que quelques centaines de cas seulement soient déclarées aux autorités, à cause de la honte et de la peur qui accompagne les victimes, mais aussi à cause de la pression sociale et familiale qui en conduit certaines à rester avec des familles violentes.

Ce sont les femmes qui sont principalement ciblées par ce fléau. Le geste, souvent accompli dans un contexte de « crime d’honneur » par leurs maris ou par des membres de leur propre famille, consiste à viser leurs visages dans un but punitif, afin de les « marquer », de les défigurer à vie, de les humilier et de leur ôter toute beauté. Couvertes de honte, elles sont ensuite considérées comme des monstres, des parias, ont peur de se montrer en public.

Ce samedi soir, en Inde, neuf femmes défigurées à l’acide ont défilé lors du tout premier événement de haute couture réservé aux survivantes de vitriolage. Elles ont défilé à New Delhi, dans des robes confectionnées par les meilleurs designers indiens. Cet événement, organisé par l’ONG Make Love Not Scars, avait pour but de sensibiliser le public sur la barbarie de cette pratique mutilatoire, et de lever les préjugés qui pèsent encore au quotidien sur les victimes, tout en donnant un autre regard sur la mode et en interrogeant notre propre perception de la beauté.

Source: demotivateur et AFP